D’après les archives de la mairie de Saint Sylvestre Cappel, une brasserie existait au village avant la Révolution. Sa date de fondation exacte demeure inconnue.

Dans les années 1860 Louis DEVRIERE la reprend à la famille CORDONNIER.
Sa fille unique se marie avec Emile DEHAENE (1864-1915) qui reprend l’activité de l’entreprise.
En 1904, Louis DEHAENE, son fils, sorti de l’école des Industries Agricoles (ENIA de douai), donne une impulsion nouvelle à la brasserie.

Le 3 août 1914, Rémy RICOUR, endosse l’uniforme bleu horizon.

Le 11 novembre 1918, Rémy RICOUR renonce aux études de pharmacie envisagées avant guerre.

En 1919, la famille DEHAENE vend la brasserie à Marcel BACQUAERT dont la malterie de Strazeele a été détruite pendant la guerre.

En 1920, Marcel BACQUAERT cède la brasserie à Rémy RICOUR son neveu pour 400 000 francs de l’époque.
Son prédécesseur, lui enseigne le métier et surtout lui confie les "tours de mains" nécessaires à la fabrication de bonnes bières. Les connaissances scientifiques n’étant pas encore d’actualité, c’est l’expérience et l’observation qui font la réputation d’un bon brasseur.

La corporation des brasseurs est à cette date très nombreuse : il existe une ou plusieurs brasseries par village (2 à St Sylvestre). Les paysans et les ouvriers agricoles sont nombreux et remplissent les estaminets (environ un pour cinquante habitants). La bière que l’on tire du fût est la seule boisson courante et seule la rumeur publique permet de savoir où se trouve la bonne bière et donc le meilleur brasseur car "En hiver brasse qui veut, en été brasse qui peut".
Les moyens de transport expliquent le fait que les bières de la brasserie soient vendues dans un rayon de 6 à 7 kms, évitant soigneusement les 3 monts, beaucoup trop durs à monter pour un attelage de deux chevaux et d’un chariot brasseur. Les 3 monts, équidistants de la brasserie seront grimpés beaucoup plus tard avec l’apparition du camion et de la bière en bouteilles à la veille de la seconde guerre mondiale.




Remy Ricour (à gauche)
1942

En septembre 1939, Rémy Ricour, grand-père des dirigeants actuels, est mobilisé une nouvelle fois ainsi qu’une partie du personnel de la brasserie(5 sur 13). Son fils Pierre Ricour, alors âgé de 16 ans, remplace son père avec le personnel restant. Il brasse, malte, livre…, il apprend.


1945
, la brasserie de St Sylvestre encore dénommée "Brasserie Ricour Savage" est en pleine expansion alors que beaucoup de brasseurs flamands éteignent le feu sous leurs chaudières et que de grosses brasseries apparaissent à la périphérie de l’Houtland : "Motte Cordonnier", "Breuvart", "La Grande Brasserie", "Masse Meurisse"...

En 1947, Pierre Ricour décide de son propre gré de suivre les cours de l’école de brasserie de Nancy et revient un an plus tard avec une nouvelle vision de la fabrication de la bière.

Pierre Ricour (à droite)
1943

Ricour 3e génération


En 1954, il prend la tête de la brasserie et réalise les travaux dûment mûris depuis l’école de brasserie :
- Une nouvelle salle de brassage est construite, partiellement toujours en fonctionnement actuellement.
- La fermentation haute est abandonnée avec regret au profit de la fermentation basse.
- Le fût en bois est définitivement abandonné par la bouteille à bouchage mécanique.


Salle de brassage 1er et 2e generation

Salle de brassage en construction
2e génération


Salle de brassage actuelle

De 1966 à 1980, la brasserie s’agrandit, de nombreux marchands de bière, souvent anciens brasseurs viennent s’approvisionner à la brasserie pour la revente directe au particulier, seule méthode de vente utilisée dans le Nord de la France.

En 1983, les fils François et Serge, après l’école de brasserie, deviennent de jeunes brasseurs. Trois brasseurs dans la même famille, la conversation devient intarissable : Il faut refaire la bière d’antan …en mieux; se démarquer des bières lilloises, alsaciennes et étrangères.
Il faut aller au-delà des 3 Monts.
8000 litres de bière sont fabriqués en fermentation haute à titre d’essais. Commercialisée sous le nom de "Bière de Mars", le succès dépasse les espérances.

En 1985, alors que la brasserie se constitue en société anonyme, Pierre Ricour laisse la direction à ses fils. La 3 Monts est lancée, comme autrefois grâce au bouche à oreille et progressivement adoptée par le consommateur : D’abord la Flandre Maritime, la région lilloise et progressivement la France, les USA, le Québec et de nombreux pays de la Communauté européenne.

En 1997, la Gavroche est lancée; refermentée en bouteille, elle se rapproche encore plus des bières d’autrefois.

Depuis 1948, nous travaillons à une dizaine de personnes en majorité du village ou ses environs. Les principes de fabrication sont restés identiques : infusion ascendante, ébullition et houblonnage dans une chaudière de cuivre rouge. La technique n’a joué en rien sur les méthodes de fabrications élaborées par 3 générations de maîtres brasseurs.

Plus de la moitié du houblon utilisé est cultivée dans la région, notamment près du Mont des Cats. Les malts issus d’orges sélectionnés proviennent des malteries locales.

FRANÇOIS RICOUR




  • LEXIQUE

    FERMENTATION BASSE : Levures de type saccharomyces carlbergencies. La fermentation se déroule à basse température (8à10°c) et donne peu d’arôme.
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    FERMENTATION HAUTE : Levures de type saccharomyces cerevisiae. La fermentation se déroule rapidement à haute température(30°c) et dégage un arôme très spécifique.
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    GAVROCHE : Gamin parisien, généreux et frondeur, il fut l’un des personnages du roman "LES MISERABLES" de Victor Hugo. Le héros principal " Jean Valjean " fut maire de Montreuil sur Mer (Pas de Calais).
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    HOUBLON : plante grimpante de la famille des cannabinacées, seules les fleurs femelles contenant la lupuline sont utilisées. Le houblon donne l’amertume à la bière.
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STUDIO CRY

STUDIO CRY


    HOUTLAND : ou pays du bois. Plat pays flamand compris entre la Flandre maritime à l’ouest, la vallée de la Lys à l’est, l’Artois au sud, la Flandre belge au nord.
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    LES 3 MONTS Evoqués par notre bière spéciale sont :
    -Le MONT CASSEL ancien Oppidum (forteresse romaine) enjeu de plusieurs batailles(1328 et 1677) et poste de commandement du Général FOCH pendant la 1ére guerre.
    -Le MONT DES RECOLLETS, colline boisée autrefois surmontée d’un couvent.
    -Le MONT DES CATS, coiffé d’un monastère, les moines trappistes y brassaient de la bière avant 1914, reste la fabrication du fromage (le site internet de l’abbaye).
    En réalité ce ne sont que des Taupinières (en géologie : butte témoin) mais faisant quand même grosse impression par rapport au "plat pays" environnant.
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    MALT : céréale (principalement l’orge) que l’on fait germer puis sécher et dont on a séparé les germes. Cette opération appelée maltage a pour but la formation des diastases.
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    ST SYLVESTRE CAPPEL :

    Historique :
    SAINT SYVESTRE CAPPEL est un village ancien, situé sur la voie des armées romaines entre Cassel et Caestre.
    Son nom n’est pas son appellation d’origine, au XVe, le village s’appelait HILLEWAERTS CAPPEL.
    Il se transforma en SAINT SYLVESTRE CAPPEL en 1538.
    Le village appartenait dès le XIème siècle aux Seigneurs d’Hondschoote et passa, vers la fin du XIVème siècle à la Maison des Hornes pour échoir ensuite aux Isenghien.

    Situation géographique :
    Région du Nord Pas de Calais
    Département du Nord
    Arrondissement de Dunkerque
    Canton de Steenvoorde
    Superficie de 814 hectares

    Economie :
    St Sylvestre, qui compte 1094 habitants (03/1999), est devenu une petite capitale de l’agroalimentaire par ses glaces, ses pommes et bien sûr la bière

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L'origine de la bière se perd dans la nuit des temps mais la technique n'a sensiblement évolué qu'à partir des années trente.
La caractéristique de la brasserie en Flandre consiste en sa densité exceptionnelle. Chaque village en possède une ou deux, quatre à six par chef-lieu de canton, la bière étant la seule boisson portable avec la tisane de réglisse et la chicorée café.

Le matériel
Réduit à sa plus simple expression, il se compose:
- de fûts qui constituent l'essentiel du matériel,
- de deux ou trois chaudières à feu direct (chaudières de cuisson),
- d'un bac, qui après la dernière guerre est remplacé par le baudelot dans les brasseries les plus importantes puis par le type Lawrence ou à tubes elliptiques,
- de cuves (une cuve matière filtrante et une cuve guilloire),
- d'un concasseur,
- de deux pompes.

LES FÛTS
CHAUDIÈRE DE CUISSON
CUVE MATIÈRE FILTRANTE
LE BAUDELOT

La méthode de fabrication
L'élaboration de la bière nécessite différents ingrédients:
- du malt d'orge qui donne l'alcool et le sucre,
- du houblon qui donne l'arôme et le goût amer,
- de l'eau.
Quant à la fabrication de la bière, elle suit trois étapes bien distinctes:
- Le brassage, qui dure 10 heures: le malt d'orge se transforme en sucre alors que le houblon donne l'arôme et le goût amer.
- La fermentation, qui dure entre 6 et 10 jours: à l'aide de levure, le sucre se transforme en alcool... 2 types de fermentations sont à distinguer: la haute et la basse, cette dernière concernant la majorité des bières blondes classiques.
- Le conditionnement: la bière est filtrée puis mise en bouteilles ou en fûts.
- Le lavage des fûts.

L'évolution de la brasserie flamande
D'une fermentation en cuves de bois vernies après la Guerre 14-18, on passe à une fermentation en cuves métalliques dès les années trente. La bouteille commence son apparition vers les années 34-35 et entraîne un énorme problème d'investissement (achat de caisses, bouteilles, construction d'une canetterie...). Pendant ce temps, les constructeurs de machines à vapeur sortent des compresseurs d'ammoniaque. Aussi, nombre de brasseries hésitent devant cette révolution technologique et ferment dans les années 40-50.
Tous ces progrès technologiques ont imposé et impose encore de nos jours de nombreux investissements qui favorisent l'apparition de grands groupes brassicoles et le déclin des petites brasseries de villages alors absorbées par ces derniers. De 2000 brasseries au début du siècle, seule 30 existent à l'heure actuelle, deux tiers d'entre elles étant situées dans la région Nord - Pas-de-Calais. Pour survivre, ces petites brasseries fabriquent des bières de façon artisanales à la différence des grands groupes brassicoles qui eux fabriquent des bières de consommation courante.